vendredi 8 novembre 2013

Une équipe en tournage - épisode 2

J'aime beaucoup les canadiens. Je les trouve drôles, simples, natures... Patrick a la même opinion ou peut s'en faut sauf... quand il s'agit d'une équipe TV dont le tournage part en "live".

Pourtant, l'organisation du tournage a débuté avant l'été : devis, programme, calendriers... très pro. Par skype et par mail. Au retour des vacances, le premier bug est apparu : le statut dans les sociétés de production est précaire en France comme au Québec. Le responsable de la logistique a trouvé un emploi mieux rémunéré et sur une durée plus longue... il a quitté son job dans la foulée, laissant la place à une charmante dame à la fin du mois d'août. Reprise des dossiers, des devis, de l'organisation... ça commence à sentir le roussi.

Aussi, quand le 15 octobre, Catherine a appris que l'équipe changeait d'agence organisatrice cela a chagriné Patrick (très fort !) mais il sentait que cela couvait. Les raisons du changement ? Un prix moins élevé et surtout le réseau de relations de l'agence Thamserkhu qui leur a permis d'obtenir en urgence une autorisation de filmer. C'est mieux pour une équipe de tournage.

En revanche, cela signifie aussi deux logistiques et deux organisations. Patrick a signalé à la charmante dame que la mission scientifique passait en priorité et qu'en cas de bug, il n'interviendrait pour aider les canadiens. Retour de boomerang, un mail de la direction de l'IRD lui enjoint d'être gentil avec l'équipe TV. Content le Patrick.

Encore plus ravi après les deux derniers jours. L'équipe est allé le filmer à ICIMOD : 4 prises de vue pour entrer dans le bâtiment, un oubli d'une partie de la caméra (ICIMOD a envoyé une voiture avec chauffeur pour leur apporter la pièce manquante), un 4x4 qui tombe en panne et empêche le tournage de la préparation des bagages... Le top du top, c'est quand il a appris que Thamserkhu voulait annuler son billet d'avion pour le faire voyager avec les canadiens (en shuntant Catherine), puis que les canadiens dormaient à Lukla quand lui trekkait dès son arrivée enfin que son porteur prenait la place d'un des canadiens pour que ce dernier puisse les filmer dans l'avion... Comme présence discrète et sans impact sur la mission, c'est mal barré !

Ah oui, j'oubliais aussi... l'agence des canadiens affirme aussi que le col (Amphulapsa, un col technique avec crampons, baudriers et cordes ... ) n'a pas été franchi cette année (ce qui est faux). Et envoie une partie du matériel par l'autre côté (ils n'auront pas tout le matériel sur le Mera alors). Cela permet d’avoir des porteurs moins expérimentés.

Sinon, pas de souci, dans l'équipe de tournage, un seul a l'expérience de l'altitude. Ils dorment 3 à 4 heures par nuit car ils ne sont pas prêts... peut-être que Thamserkhu leur a prévu un caisson ? J'ai demandé à Patrick un récit régulier car vraiment je suis impatiente de connaitre la suite. :)

Allez, j'ai assez médit, quelques photos de montagne dans le Rolwaling. Elles sont de Patrick. Euhhhh est-ce que je les montre aux canadiens ? Pour leur montrer ce qui les attend ? Non, trop méchant :).

Le typhon passe en Inde de l'Est, la neige tombe sur le Rolwaling. Cela s'appelle une opération "pelle à neige"

Lever de lune sur les blanches montagnes.

Mais où est Dorian ? Perdu dans l'immensité verticale (mais mais mais c'est presque de la poésie)

Au début je croyais que les traces dans la neige étaient les empreintes des crampons....

En fait, non. Ce sont des empreintes de pas, de genoux, de piolets...

Rhaaa lovely enfin l'arrête !

le coucher de soleil sur la neige... un classique qui fonctionne toujours.

Le mousqueton là ? Il sèche ? il sert à assurer la tente ? et Patrick qui est à Lukla et ne peut me répondre...

Vous le reconnaissez ? le 'tit sommet à gauche ?


jeudi 7 novembre 2013

Moi aussi, je fais de la science !

Journée shopping hier avec Patrick Ginot. Pour préparer la mission de terrain. Grosse responsabilité : concentration, vigilance, négociation. Chaussures lacées, roupies dans les poches, nous voilà partis pour la Ville !

Premier arrêt, le stand photo pour alimenter les cartes de trek et autres centres de conservation de la nature. Là, je n'étais pas concernée mais Patrick s'est fait tirer le portrait.

Ensuite direction Tripureshwor pour trouver visserie, quincaillerie et autres rubans de gros scotch : les scientifiques (les vrais, pas les petites mains) prévoient d'installer deux stations au Mera ; l'une sera sur les cailloux au col et l'autre au sommet. Celle du sommet doit pouvoir affronter des vents de 200 km/h et des chûtes de neige de 3 mètres. Il faut à la fois la surélever et l'amarrer. D'où les bambous de trois mètres, les tubes de 3,50 m (déjà partis par bus et par porteur), les cordelettes et les achats de boulons, rondelles, fil de fer, scotch (!!!)...

Dans les petits magasins, il y avait jusqu'à 6 personnes pour servir Patrick, fouiller dans d'innombrables boites et caisses (toutes poussiéreuses), tordre le fil de fer (ici, ils le vendent au poids et non au mètre !)...

Pour se détendre, Patrick a ensuite acheté une robe de princesse pour sa fille : rose avec des trucs qui brille et des volants qui tournent. Le pied total !

Tout est entreposé dans l'entrée, prêt à partir demain matin aux aurores.
Le matériel entreposé avec soin (notez le fil de fer !)

Catherine a offert cette jolie chose à Patrick W. Deux questions : qu'est-ce (fastoche) ? l'utilisera-t-il (fastoche aussi) ?

Il n'avait plus de bonnet. L'erreur est réparée, il tient bien chaud. Je prends les commandes si certains sont intéressés.

mercredi 6 novembre 2013

J'aime les fins de semaine...

Les Garcin ont décollé hier pour la France. Après une dernière visite à Bodnath (j'aime beaucoup cet endroit), un sprint pour biser Luc à l'école, quelques cahots dans la jeep... Evidemment, ils ont leur lot de travail à accomplir en rentrant (dont contrôler l'état de délabrement de la maison - la nôtre - suite à l'appel - désespéré ? exaspéré ? anéanti ? ... - des locataires).

L'effervescence ne retombe pas pour autant à la maison : Patrick part samedi en mission (le travail cette fois :-) ) avec des collègues, une "nénette" (??!!??) et une équipe de TV. Comme il n'est rentré que samedi après-midi de montagne, c'est un peu la course pour lui (pas tantque ça finalement, il parvient encore à bien dormir la nuit). Patrick Ginot est arrivé hier et loge à la maison. Christian est rentré de son trek avant-hier, loge à l'hôtel et vient manger ce soir à la maison avec sa femme. Du coup, Catherine vient aussi (avec sans doute Raphaëlle et son copain Choki)... Hier soir, Yannick de l'équipe de TV est venu prendre l'apéritif et parler tournage (avec l'accent québecois, j'aime). Il revient vendredi soir pour interviewer la star (je vais voler des images si je peux et si j'ose). La discussion était sérieuse : ils ont changé d'agence au dernier moment et Patrick les a briefés à nouveau sur les porteurs, le matos, les étapes...

Ah oui, La question des étapes m'a beaucoup fait rire... Patrick : "on prend l'avion samedi pour Lukla. On enchaine directement pour dormir à 3800 mètres - un canadien arrive la veille... cela rappelle des souvenirs de mon propre trek avec Tophe, Domie et Bertrand il y a quelques années... quand Bertrand avait fait son œdème... - puis le lendemain double étape : on passe le col à 4500 mètres et on redescend dormir à Koté à 3400 mètres donc 10 à 11 heures de marche. Le lendemain, c'est jour de repos. On pourra aller voir un lac qui menace de se rompre juste au-dessus. C'est 1400 mètres au-dessus. Ce doit être intéressant. Je n'y suis jamais allé." Bonjour la journée de repos... non, non, il est plus calme maintenant, je vous assure :-)

Rigolo aussi. L'équipe TV a déjà réalisé deux épisodes sur le thème de la glaciologie. Lors de ces épisodes, ils avaient des "médicalement sensibles" pour ajouter de l'émotion et que ce soit "scotchant pour le spectateur". Du style, vont-ils mourir à la montée ou à la descente ? Nan, je me moque. Dans la série des éclopés médicaux, ils avaient un apnéiste du sommeil, un greffé cardiaque et un greffé annal... alors là, je me demande bien ce qu'est un greffé annal ! Si vous avez des pistes je prends. Pour cet épisode, ils ne sont pas venus, trop extrême. Je n'ai pas compris ce qui est extrême... l'altitude ? Patrick ? les népalais ?

Bon, là, je dois mettre quelques drapeaux pour me faire pardonner de toutes mes méchancetés et sournoiseries. Trois photos suffiront-elles ?




mardi 5 novembre 2013

Tihar ou Dipawali (fête des lumières ?)

De retour de trek hier (aujourd'hui pour Luc). Le sanctuaire de l'Annapurna est peuplé de touristes plus ou moins bondissants - c'est proportionnel à la taille de leur sac et à leur forme physique - mais c'est un paysage grandiose ! Cependant, il va falloir patienter avant le montage...

En attendant, quelques images de Tihar à Pokhara. Tihar, c'est cinq jours de fête. C'est la version longue de la fête des lumières lyonnaise.
  • Le 1er jour, les népalais fêtent l'oiseau des bonnes nouvelles. 
  • Le second pourrait être supprimé à mon sens : c'est la fête des chiens, ceux qui aboient toute la nuit et dorment au milieu de la chaussée le jour. Pas rancuniers, les népalais leur apposent une tikka sur le front voire leur passe une guirlande de fleurs autour du cou. 
  • Le 3e jour, c'est la fête de Laxmi, la déesse de la chance et de la fortune. L'occasion de célébrer aussi les vaches (il faut que je cherche pour le lien entre la vache et la fortune... une histoire de lait ?). Et là, c'est top. Nous étions à Pokhara ce jour-là. Les photos sont en-dessous. 
  • Le 4e, c'est le nouvel an Newar, les habitants de la vallée de Katmandou et l'occasion de fêter Gobhardan l'avatar de Krishna. 
  • Aujourd'hui, dernier jour, les soeurs célèbrent leurs frères (elles font une puja et leur appose une tikka). Cela doit les protéger de Yama, l'annonceur de la mort. En contrepartie, si le frangin est sympa, ce dernier leur offre des vêtements... parfois.
Et maintenant les photos (enfin, une sélection)

Les immeubles portent des guirlandes colorées
Devant chaque maison, les habitants créent des mandalas de sept couleurs et un chemin qui mènent dans leur maison. Notez les empreintes de petits petons. C'est pour Laxmi ! elle voit les lumières, elle s'approche et elle suit avec bonheur les petites traces et s'enfonce dans la maison. Elle apporte ainsi chance et surtout prospérité (en principe).
Les lumières sont en bougies, à l'huile de moutarde et mèches ou électriques (ça craint moins le vent).

Pour patienter, quelques paysages à l'aube.


Annpurna Sud et Hiunchuli - face sud

Annapurna Sud... joli glacier.

Le village de Gandruk sous la protection du Machhapuchare ("queue de poisson", tu parles d'un nom...)






vendredi 25 octobre 2013

Vous arrivez à suivre ?

Récapitulons. Benoît et Hugues à la British School pour travailler dur. Patrick en montagne avec Dorian jusqu'au 3 novembre en attendant de retourner au Mera pour le travail le 9 novembre jusqu'au 15 décembre. Luc et moi, à partir de demain, en trek du côté de l'Annapurna, avec la famille Garcin, jusqu'au 4 ou 5 novembre.

Donc pas de nouvelles avant le mois prochain. :-)
Et après, des photos, des films, le dessin, l'aïkido... le retour au quotidien.

Pour rassurer les membres de la SPEW (société protectrice des enfants Wagnon), Hugues et Benoît (surtout Hugues) sont ravis d'être seuls à la maison. Ils ont prévu de décliner toutes les invitations à déjeuner ou diner des adultes pour se vautrer sereinement tous les soirs devant des navets de sciences fictions horrifiques sur grand écran en se gavant de bonbons Haribo (oui, c'est de la pub, mais c'est ce que réclame Hugues la terreur) !

Pour dire comme Hugues est navré et plongé dans l'affliction, il découche ce soir pour aller faire la fête. La mère "mais je ne peux pas te dire au revoir ? réponse du garnement "bon trek alors". Circulez ya rien à voir. A priori, il n'aura pas de problème pour quitter le nid celui-là.

jeudi 24 octobre 2013

Annual General Meeting - Board of Governors

TBS est dirigée par un board of governors. Les gouverneurs valident les orientations du principal (Dr Moore !), récupèrent les pépètes des parents, dépensent sans compter.... Les gouverneurs sont nommés (les représentants de l'ambassade britannique), élus (parents et enseignants et administrations...). Et hier avait lieu l'assemblée annuelle. En brave mère de famille je m'y suis rendue (il fallait voter aussi mais ça, je n'ai pas fait).

J'ai retenu trois des quatre priorités de l'école (car je les ai trouvées rigolotes) :
  1. obtenir un statut juridique pour l'école (et oui, l'école existe depuis trente ans mais n'a pas de statut juridique véritable) et payer les taxes (ben oui pas de statut = pas d'impôts ; pas d'impôts = pas de statut)
  2. mettre en œuvre le déménagement (les parents sont invités à visiter le nouveau site, à perpète les alouettes : la terre est acquise mais ils ne peuvent pas construire tant qu'il n'y a pas de statut juridique)
  3. obtenir des visas pour leurs profs expatriés (ben oui pas de statut pour l'école donc pas de statut pour les profs)
Finalement, même les britanniques ont des faiblesses cela rassure. Sinon beau speech du principal mettant en avant des décisions prises 1) dans l'intérêt des enfants 2) selon des bases chiffrées et étayées. Cela aussi m'a étonnée.

Sinon balade à bicyclette hier avec les Garcins dans la campagne de KTM, à 7 km de la ville, en direction de little Kokhana et de Bungamati. Pour Michel et Michou, nous avons croisé Kishor (le guide népalais parlant français). Il va bien, il était avec un groupe.

Les travaux des champs battent leur plein : c'est la récolte du riz.

Séparons le bon grain de l'ivraie

L’égreneuse à riz : à la force du mollet.

Sont-ils pas mignons avec leurs jolis casques ? La conduite à gauche est un challenge les premières heures.
Le temple est cerné par les nattes et le soin porté aux céréales.

 

mardi 22 octobre 2013

Images de randonnées

Une courte sélection d'image en attendant le film (pas avant novembre, ne rêvons pas !).

Un petit rappel des faits : trek de 10 jours dans le Rolwaling entre le 5 et le 15 novembre ; 8 occidentaux (+ Bertrand + Hervé + Dorian) et 4 porteurs (oui, 4, la honte) ; nuits et repas en lodge. Ah et aussi, 10 étrangers croisés en tout. On a aimé.

Alors le Rolwaling, c'est là.

Le détail de l'itinéraire.

L'itinéraire : bus jusqu'à Gongar (nuit dans un hôtel ouh là là les mots me manquent). Nuit suivante à Gongar (du mieux) ; puis Kalche (bien à part les toilettes... un peu too much pour Hervé) ; puis deux nuits à Beding (acclimatation du frangin) ; deux nuits à Na avec excursion alentours... et descente. Le temps passe vite.

En attendant le bus, le jour du départ

Le bus privé... un vrai confort avant les 10 heures de route (pour 120 ou 150 km)








Bagages dans les rues de Kathmandu

Mais si, ça passe ! Pas de problème.

Départ de Gongar, les herbes nourriront les bêtes
Montée à Simigaon


Le monastère de Simigaon respecte les canons classiques.

L'un des attraits principaux du trek pour les enfants : les parties de carte.
Porte en "inox" ferraille : toilettes et douches (à droite). Eau chaude aléatoire :-)

Berceau portable
Traversée de passerelle... certains ne pensent qu'à s'amuser.

Beau temps sur le Gaurishankar
Jolie rivière !

Grand luxe : des panneaux indicateurs.
Le trek : un sentier, des marcheurs, des porteurs, des drapeaux à prières.
A Na, en attendant le repas du soir, la doudoune est de rigueur

Dal bhat au lodge. Confort sherpa.

Lecture attentive des cartes

Sous surveillance


Transport d'eau

Le Dudh Pokhari (le lac de lait)

cairns locaux

Joli point de vue non
Pluie à la descente : nous recommandons le parapluie



Arrivée à Gongar sous un temps... bizarre bizarre