dimanche 20 avril 2014

Souffrances pédalesques

Les montagnards ont regagné la ville mercredi dernier. Contents de leur mission, contents d'être rentrés. Sales et puants, ils se sont précipités sur la douche et sur la nourriture. Mes provisions pour deux jours ont été réduites à néant en deux temps trois mouvements (de fourchette). Et je ne parle pas de l'alcool. Elle est belle la science française qui affame et épuise ses vaillants petits soldats.

Pour se remettre, une ballade tranquille à vélo. Patrick "il y a deux options, la première par le col de Lalkhuri en 4 heures ou la seconde par un sentier dans les bois, très joli avec personne. Pour la deuxième option il faut compter 5 ou 6 heures." Soyons fous, choisissons la deuxième option.

Bon, on s'est fait booster toute la première partie : pour passer le premier col, pour un pique-nique rapide, pour boire... "sinon, nous allons arriver à la nuit". Mais tout allait bien, la route goudronnée, peu de circulation. Et d'un coup, il a fallu prendre le chemin qui monte pour rejoindre le col "on va porter les vélos". Surtout Patrick et Philippe. Mais nous aussi, un peu.
Petit jeu, combien de vélos sur la photo. Notez l'incrédulité népalaise devant tant d'efforts.


La piste a souffert un petit peu. Objectif, la crête au-dessus.
Là, ça va encore, il suffit de pousser.

Dans les escaliers, il faut porter. Pas facile de trouver la bonne position.

Sur la tête ? Pas top sans le casque.

Le col, sauvés ?
Et voilà le moment tant attendu de la longue descente. Dans un sentier dans le bois. Dommage, nous avions oublié notre machette. Plus de deux heures à porter, pousser, tomber, glisser... pour sortir de la forêt à la nuit avec une seule lampe frontale (merci Philippe) pour parcourir les 15 à 20 km restant. Sans compter, un vélo sans roue libre (Philippe devait pédaler en permanence en montée comme en descente), un dérailleur bloqué (Luc), des freins en rade (Hugues et Benoît). Ce n'est pas bien vaillant que nous avons rallié Kopasi, lieu de ramassage par notre lodge. Repas à 21h30, pas mal pour une petite promenade.
Penser à la machette pour la prochaine sortie.


Vroom vroom...

Passage de troncs. Quelle aisance.
Lendemain très cool avec réparation des vélos (pas possible d'ailleurs la réparation) et descente à la rivière. Une rivière propre, avec des grands trous d'eau, des poissons, une falaise... un petit paradis. On ne croyait plus cela possible. C'est chouette. Évidemment, plus de batterie sur l'appareil photo. J'ai bien essayé l'aquarelle mais les enfants sont unanimes pour dire que vraiment, vraiment, là, il faut arrêter.

Réparation de vélo. Sans succès.
Enfin, retour direct le lendemain sans passage par Namo Buddha. Les fesses sont douloureuses, les bras griffés, les démangeaisons tenaces mais le pastis d'hier soir a tout réparé sauf pour les enfants, interdits d'alcool, qui souffrent encore.

mardi 15 avril 2014

Les bons points de l'année

Jean-Paul a assez vitupéré, place à un esprit positif et aux bonnes nouvelles de l'année 2070 au Népal. Oui, il y en a. Pleins même. On va même faire des rubriques pour ne pas vous perdre :-)

Pour vous les touristes

M. Mahabir avec son invention géniale.
Alors, là, les touristes ont été gâtés. Ma bonne nouvelle préférée est l'e-tag pour le circuit de l'Annapurna. Le touriste ne se rend pas compte mais il est TRÈS imprudent : il se perd dans la montagne et dans les forêts, il se fait attaquer par des bêtes féroces, il débaroule les sentiers... et après, il faut le retrouver. Heureusement, M. Mahabir a développé un petit boitier électronique que le trekker peut prendre avec lui et au moins, on sait où le retrouver. Cerise sur le gateau, un petit courriel avec son code e-tag à sa famille et aux amis (ou un message sur facebook) et ils peuvent le suivre à distance. Tout cela pour 1000 roupies (remboursées si le jouet n'est pas cassé à la fin du trek). Bien joué Callaghan !



C'est la révolution à l'Everest avec de nouvelles règles. Le prix des permis a diminué. 11 000 $ par personne au lieu de 25 000 auparavant (ou 70 000 $ pour un groupe de 7). Et en plus, les expéditions doivent redescendre, en plus de leurs propres poubelles, au moins 8 kg de déchets en plus. J'aime cette logique qui fait porter la responsabilité d'un service public à des particuliers. Trop malin.

Une autre bonne nouvelle (mais pour 2071), le gouvernement va installer des échelles permanentes sur le ressaut Hillary (LE passage technique vers le sommet). Ras-le-bol que cela bouchonne à cet endroit, c'est mauvais pour le commerce. Une fois les problèmes d'électricité résolus, je pense que l'installation d'un ascenseur jusqu'au sommet sera tout à fait possible :-) On n'arrête pas le progrès.

Enfin, Tripadvisor place Katmandou en troisième pour les destinations montantes. Aventure, mysticisme, culture, folklore, spiritualité... tout cela, ici.


Un peu de culture 

Pour la première fois, un groupe népalais Nepathya a joué devant 8000 spectateurs à Londres au Wembley Arena. Il faut que j'achète leur album maintenant.

Un nouveau musée à visiter à Katmandou avec le musée de la ville qui expose des photos des trois familles de la ville (attention une famille ici, ça fait du monde) : les Shrestas  (caste des commerçants), les Chitrakars (au départ des musiciens je crois) et les Thapas (là, je ne sais pas). Le bon point du musée, c'est son magasin et son café.

Les peintures murales essaiment dans Katmandou et Patan. On peut remercier les collectifs Kolor Katmandou et Art Lab. Cela incite à mieux regarder les murs de la ville et égaye le paysage urbain.

Pour en savoir plus (mais c'est en anglais) : http://www.ecs.com.np/culture/the-art-of-sharing.


A Lumbini, lieu de naissance du Bouddha, des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour des vestiges datant de 6 siècles avant JC.

Et au quotidien ?

Les bus Sajha Yatayat ont été remis en service après plusieurs années d'interruption (guerre civile). ça, c'est la grande nouvelle de la vallée. C'est la ville qui met ces 16 bus en service (contre 200 auparavant) pour deux lignes : Nord-Sud et Est-Ouest. C'est le retour du service public. Ça valait bien une petite puja.



N'oublions pas aussi les élections réussies au mois de novembre et la mise en place d'un gouvernement (après deux mois de tractation certes mais il est là quand même).

Pour l'anecdote, Google peut maintenant traduire le népalais. C'est nouveau. Avant Google confondait Hindi et népalais. Et il peut le traduire vers le français. Merci qui ? Google Translate

Les hauts faits sportifs

Les journaux sont en effervescence depuis la brillante performance de leur équipe  lors de la Coupe du Monde des moins de 21 ans. En cricket. Ils n'ont pas remporté la coupe mais ont gagné deux matches, l'un contre Hong Kong, l'autre contre l'Afghanistan. Comme nous, on n'y comprend rien, cela nous a laissé de marbre.

Un népalais de 44 ans a participé aux Jeux Olympiques de Sotchi. Dawachirri Sherpa. Seul athlète mais avec une délégation de 7 officiels plus un entraineur. C'était ses troisièmes olympiades. Il participait en ski de fond mais son sport de prédilection, c'est l'ultra-trail. Il a d'ailleurs remporté celui du Mont Blanc. Il a fini 86e (avant-dernier) sur le 15 kilomètres en 55 minutes (contre 39 pour le vainqueur), tout sourire. Rappelons que son sport c'est la course à pied et qu'il a du apprendre le ski de fond pour faire plaisir à sa fédé.

Enfin, grand moment de bonheur, le trophée de la future Coupe du Monde de foot a fait escale au Népal. Il venait par Jet privé du Bhoutan. Le président népalais l'a dévoilé au public dans le grand stage de la ville ! Merci qui ? Merci Coca, sponsor de la Coupe du Monde qui fêtait ses 40 ans de présence au Népal.










La poste népalaise

Un petit film à voir ici ou sur youtube


J'attends les commentaires sur l'effet BD animé svp.

lundi 14 avril 2014

Pour ma grand mère



Ma grand-mère Marinette a fêté hier ses 96 ans (2014 - 1918, j'ai vérifié trois ou quatre fois). Pas mal non. Pour célébrer l'événement, j'ai pensé à lui faire un dessin, enfin plutôt une aquarelle. Première difficulté, trouver quoi dessiner. N'est pas Van Gogh qui veut, ni Picasso d'ailleurs. J'ai fait dans la facilité, un bouquet de fleurs. Ça donne ceci. Pas brillant, hein ?


Bouquet de fleurs. Quel talent pour centrer le dessin, dingue !

Alors, mamie, je t'en propose deux autres, des tout récents. Ils ne sont pas bien mieux mais je te laisse choisir. Je vais continuer à en faire d'ici nos vacances en France comme cela tu auras plus de choix. Je vais même reprendre les cours (là, je fais un break) comme cela le dessin sera "amélioré" - c'est à dire fait - par le prof. Tu verras, ce sera chouette. Et personne n'en saura rien.

Là, c'est le parc de Bardia avec la rivière qui coule devant (je sais, je sais, c'est pour cela que j'explique)
Le tigre que nous n'avons pas vu (d'après une couverture de magazine.. très jolie photo d'ailleurs)
 

dimanche 13 avril 2014

Réveillon champêtre

Demain 14 avril, non seulement nous fêtons l'anniversaire de ma grand-mère (date de naissance 1918 donc je vous laisse calculer sans calculatrice sinon c'est de la triche !), mais nous entrons aussi dans une nouvelle année... népalaise. Déjà 2071 ! Comme le temps passe.

Pour le réveillon, nous avons décliné les tentations des soirées locales pour aller faire un pique-nique à Sundarijal, au bord de la Bagmati, encore propre à cet endroit. L'an passé, nous y étions pour le nouvel an... c'était "gavé" de monde. Finauds, nous y sommes allés la veille et... victoire ! peu de monde. En plus, nous avions des bons sandwiches avec du saucisson de France, le bonheur.

C'est bon les sanhouiches !

Voui, c'est très bon.

Ce lieu est prisé des népalais qui viennent pique-niquer avec force musique, dal bhat et boissons diverses. Il est possible de remonter la rivière en passant de blocs en blocs ce qui amuse beaucoup les jeunes mâles en parade.
Derrière le sanhouiche, les blocs. Souvent glissants ou fragiles.
 L'an dernier, Luc avait chu. Direct sur son doigt. Fissuré sur l'impact. Cette année, c'est une prise sur un rocher qui a cédé, le touchant légèrement à la joue et précipitant le p'tit minus dans la rivière. Mais avant de toucher l'eau, son tibia a caressé le caillou.

Nous avons plié bagages tant que "c'était chaud" et qu'il pouvait marcher et sommes rentrés. Durée sur place : 1 heure. Temps de trajet total ... non, oublions.
Le blessé.
Sinon, la rumeur court et enfle dans la ville. Certains évoquent une fermeture de l'ambassade et du consulat français dans les mois à venir (à court terme). Ben oui, le Népal n'est pas un bon terrain pour la diplomatie économique. Affaire à suivre.

vendredi 11 avril 2014

Bardia, le Farwest népalais

Nos chambres dans une hutte de style Tharu.
Loin de tout. Du premier aéroport, 2 heures de route au minimum. De l'arrêt de bus. De Katmandou, de la frontière indienne, des montagnes. On s'attend à voir des cowboys et des saloons. Nous ne verrons que des rangers, locaux et quelques indiens, en visite entre voisins.
Mango Tree lodge, très bien, calme, propre, gentillesse et bonne cuisine.


C'est en Jeep que Rajen, notre hôte est venu nous chercher. Une Jeep découverte qui sert aussi pour les balades dans le parc, pour franchir les gués nous séparant de la Lodge, pour nous bringuebaler sur les pistes en terre du coin. Suspensions et pneus mériteraient une petite révision.
Au fond, la rangée d'arbres marque le parc. Dans les arbres, les bêtes fauves !

Autour, le paysage classique du Teraï : champs, maisons de terre et chaume, hommes et bêtes au labeur.
Incroyable, tout est propret !
Beaucoup de fleurs aussi dans les jardins des maisons.

Les bœufs foulent aux sabots le blé.

Il me faut insister sur le calme du lieu... car des animaux, il y en eut que fort peu. Snif. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! En jeep, à pied, en camping... rien n'y a fait. Le tigre nous a boudé. Il nous a nargué : des empreintes toutes fraiches, des cris d'alerte d'animaux dans les bois derrière nous... quel coquin. Pas que nous d'ailleurs, personne ne l'a vu quand nous y étions. Encore que cela ne fait pas grand monde, car peu de touristes sont prêts à un si long trajet et à un si cher séjour (voui, c'est un peu cher...).

Les tarifs du parc ici. On ne peut pas visiter le parc en vélo. Dommage, c'est tout plat et ombragé.

 Le plus impressionnant est de partir à pied, avec un guide non armé (il avait oublié son bâton) et d'arpenter toute la journée un parc où résident des tigres, des ours à lunettes, des rhinocéros et des éléphants sauvages (encore qu'en ce moment, il fait chaud donc ils partent manger des bambous dans les collines).
La promenade à pied sur les pistes et sentiers du parc.
 Aussi, quand le guide demande de ne pas faire de bruit, j'obéis. Je déglutis péniblement quand, d'un ton très concerné, il nous annonce "alors, si c'est un rhino, il faut vite grimper dans un arbre, à au moins cinq mètres de haut. Ou s’aplatir dans les herbes, le rhino ne voit pas bien." C'est quand même gros ces bestioles ! Et ça court vite ! Nous en avons vu trois, très détendus dans leur bain de boue. Je n'ai pas aimé les oreilles tournées dans notre direction. Nous étions au milieu des herbes, pas besoin de grimper. Ils ont préféré trempé que de nous courir après.
Bain de boue des rhinos

Empreinte de rhino à côté du 42 fillette de Benoît.
 Aux heures les plus chaudes, le jeu est de se mettre à l'affut près d'un gué. Et d'attendre. Patiemment, longtemps. En vain pour le tigre.
Trois Schtroumpfs à l'affut.

La rivière bordée d'arbres. Un lieu idéal pour construire des cabanes mais c'est interdit.

La taille des arbres m'a impressionnée.
Ainsi que les lianes qui s’incrustent dans le tronc.
 Alors bilan au niveau animaux : beaucoup d'oiseaux (dont des paons en parade amoureuse, des cigognes, des martins pêcheurs, des rouges, des bleus, des jaunes...), des singes, des daims, des rhinocéros (quand même), une horde d'éléphants sauvages (du bus !), des crocodiles (dans le centre des rangers...), une mangouste et des bestioles domestiques que je vous épargnerais.

Un Langour, singe très peureux et très agile dans les arbres.


Beaucoup de daims dans la forêt. Plein de miam, miam à portée de crocs du tigre. Mais non, ce fainéant n'a pas daigné se montrer !
Nous avons bien aimé aller camper une nuit au bord de la rivière avec un BBQ de viande achetée localement. Miam ! Avoir vu la boucherie ne nous a pas coupé l'appétit. Et pourtant...
La boucherie...
Karnali Fresh House, où sont les frigos svp ?

Notre repas du soir sera découpé en quartiers pour nos brochettes du soir.
 A notre service, 6 jeunes garçons pour installer nos deux tentes et 4 (deux sont donc partis) pour préparer notre diner et surtout veiller et alimenter deux gros feux toute la nuit. Leur peur, que des grosses bêtes viennent nous embêter pendant la nuit. Nous sommes installés dans la zone tampon, le parc est de l'autre côté de la rivière. Les animaux le savent-ils, pas sûr. Il n'y a pas de barrières. LEs seules qui existent sont autour des villages pour prévenir les incursions des éléphants dans les rizières.


Les tentes. De l'autre côté de la rivière le parc.

Mahendra, Jacou et Achille sont dans la cuisine.


Y retournerons-nous ? Peut-être. Cela a beaucoup plu aux garçons (la lodge, la nature, le calme, se retrouver sans protection en pleine jungle...). Il faut juste laisser passer un peu de temps pour oublier le trajet en bus :-)
 



vendredi 4 avril 2014

Enfin les vacances !

Spring Dance

Le troisième trimestre vient de s'achever pour les garçons. Deux semaines de vacances - jusqu'au 23 avril - quelques révisions et ce seront les examens. La pression monte à l'école, Hugues a préparé son programme de révision, passé quelques épreuves pratiques déjà. Je ne suis pas inquiète, les trois ont eu d'excellents bulletins scolaires, même pas de bavardage, rien. C'est louche. Benoît a fêté cela hier soir en allant à la Spring Dance : un événement "caritatif" organisé par les étudiants de l'école (à 1500 roupies l'entrée) dans un hôtel chic de Katmandou. Avec Hugues et Luc, nous avons préféré participer au championnat interculturel de babyfoot chez Catherine. Nous n'avons pas eu le temps de finir le tournoi mais nous nous sommes gavés de pizzas, quiche et poulet. En plus, il y avait des brownies à la glace vanille en dessert !

En allant de gauche à droite : Lakpa termine sa première ; la jeune enfant ensuite est en année 4, elle est très timide ; Nuru est une tête, deux ans d'avance ; Noro est le rigolo de la bande. Tous parlent français et anglais et népalais et sherpa. Pfff....

Danzi était là aussi avec les enfants qu'elle héberge en ce moment (ce sont les vacances au Népal, celle de fin d'année). Je vous rassure, nous ne les avons pas laissé gagner, non mais !

Au fond à droite, Danzi à côté de Raphaëlle, la fille de Catherine. Et Luc qui fait le guignol.
Comme ce sont les vacances, nous allons partir dimanche pour le parc national de Bardia (ou Bardiya). En bus. 400 kilomètres. 15 heures. De nuit. Bon, nous avons choisi un bus grand luxe avec repas du soir (dhal bhat) et climatisation. Pour l'aller et le retour.

Quelques uns des parcs du Népal.
Le parc de Bardia se situe dans le Téraï, la zone des plaines du Népal. Le parc est tout proche de l'Inde. C'était une ancienne réserve de chasse du roi. (encore) Peu fréquenté par les touristes, c'est - parait-il - celui où nous avons le plus de chance de voir un tigre. Chouette. Au programme sur place, de la marche, de la pêche et ... je ne sais pas trop. Retour le 11 avril. Comme vous n'aurez pas de nouvelles d'ici là - au passage un bon anniversaire à Jean Michel le 8 avril - je mets ci-dessous quelques nouvelles du Népal qui ont marqué la semaine.

L'heure des choix pour l'école au Népal

Le 14 avril, le Népal entre dans une nouvelle année. 2071. Certes, il y aura des festivités, des noubas jusqu'au bout de la nuit... mais pour les parents et leurs enfants, c'est aussi une période de grand stress. Certains passent leur SLC, le certificat de fin d'études. Le taux de réussite l'an passé était de 56%. Il atteint plus de 80% dans la vallée de Katmandou et s'effondre à 30% en dehors.
Pour d'autres, c'est le moment d'inscrire leurs enfants à l'école. Avec en tête ces chiffres inquiétants de réussite au SLC et les craintes quant au chômage élevé dans le pays. Aussi, on constate une désaffection des écoles qui enseignent uniquement en népalais. Les familles veulent des écoles "anglaises". Cette langue leur parait indispensable : elle ouvre à leurs enfants des emplois dans le tourisme ou des salaires plus élevés s'ils vont travailler à l'étranger (60% des 20 à 40 ans travaillent à l'étranger !). La tendance traverse toutes les régions et toutes les classes sociales, même les plus pauvres. Les écoles communautaires et gouvernementales ont dû s'adapter à cette demande en catastrophe.

Avoir des médecins en zone rurale

Où exercent les médecins népalais après leur formation ? Des chercheurs se sont intéressés à la question et ont étudié les parcours des étudiants de l'Institut de Médecine entre 1984 et 2004. Sur les 710 étudiants, 36% travaillent à l'étranger (dont les 3/4 aux États Unis), 37% à Katmandou et 27% en zones rurales.
Ils ont regardé aussi les éléments qui pouvaient avoir incité les médecins à s'installer à la campagne. Naitre en zone rurale, avoir une expérience préalable dans des services de santé (assistant par exemple) et étudier plus tardivement la médecine semblent faciliter ce choix. Malheureusement l'accent semble être mis maintenant sur l'admission en médecine de jeunes inexpérimentés mais aux brillantes études. Cela me rappelle quelque chose...

Tourisme et sécurité

Basée à Katmandou et très chère, la CIWEC est une clinique spécialisée dans la médecine de voyage. Elle a organisé la semaine dernière une conférence sur la santé des touristes. En bref, diarrhée et infection pulmonaire sont les deux maux les plus fréquents. Pour le premier mal, l'eau n'est pas la seule source (héhé) de contamination : la faible hygiène de nombre de restaurants est aussi grandement responsable. Gare aux bouis-bouis !  Pour le second, hélas, la pollution de la vallée...

1 000 000 de touristes sont attendus au Népal pour 2014, soit 8.2% de la richesse du pays et 1,12 millions d'emplois. Le sujet de la sécurité des touristes devient important. En plus des maladies, la CIWEC craint une recrudescence des accidents sur les routes (cf billet sur les transports) ou lors d'activités sportives comme le parapente. Le nombre de compagnies de parapente est ainsi monté à 19 (toutes à Pokhara) en moins de 10 ans. C'est un véritable essaim qui bourdonne et tournicote au-dessus de la ville et du lac. Il y a eu deux collisions en vol au cours des deux derniers mois. Mieux vaut choisir avec soin son agence :-)

Drame national 

Manju Mahat, une chanteuse népalaise très populaire, est décédée la semaine dernière dans un accident de circulation, dans Thamel, le quartier touristique de Katmandou. Elle était en scooter et deux minibus l'ont heurtée. Au Népal, il y a plus de 10 000 morts par an sur les routes (contre 4000 en France qui compte plus du double de population). Les causes principales d'accident sont les suivantes :
  • les bus locaux roulent surchargés sur des routes en mauvais états et surplombantes. Les contrôles techniques n'existent pas. En cas de problème mécanique (frein en descente par exemple), le nombre de victimes sera élevé. 
  • les conducteurs de bus et minibus sont protégés de leurs actes par leurs syndicats et patrons. Il est moins cher pour les propriétaires de dédommager les familles du décès de leurs proches que de payer les dépenses médicales des blessés. Aussi n'est-il pas rare que les chauffeurs-chauffards achèvent littéralement les victimes de collision (ils ont intérêt à fuir ensuite car la population locale peut vite les lyncher). 
  • à Katmandou, la compétition est féroce entre les minibus pour conquérir les clients. C'est une course démente pour doubler leurs concurrents et arriver les premiers aux arrêts de bus. Les chauffeurs doivent assurer un nombre minimum de passagers chaque jour pour rembourser la location de leur minibus. Ils cumulent les heures pour s'assurer un revenu. Cela accroit d'autant la pression et une conduite... aléatoire.
  • la plupart des accidents ont lieu entre des deux roues (avec ou sans moteur) et des transports publics. Dans les deux cas, le niveau d'entretien et de contrôle est proche de zéro. Aïe, va falloir faire encore plus gaffe...
  • ... enfin, personne ne respecte de règles sur les routes. C'est la loi du plus fort et de l'intimidation. C'est un mode de fonctionnement mais peut être pas le plus efficace.
Sur ce, à la semaine prochaine. Là, j'ai un sac à faire et un futsal à 13 heures. Benoît est à l'escalade et les deux autres bullent. Début de vacances...

mardi 1 avril 2014

Vroom Vroom days in Pokhara

 

De gauche à droite : Matt (sur MA moto), moi, Mike et John.

 Highway to Pokhara

Pour se rendre à Pokhara, à 200km de Katmandou, plusieurs solutions existent,  plus ou moins longues, plus ou moins coûteuses et plus ou moins dangereuses.
La plus rapide, sûre mais onéreuse est l'avion : 30 minutes de vol, 120$ dollars avant négociation. Les népalais payent moins (j'ai entendu parler de 25$) ; pour nous, il est possible de trouver des vols à 70$. En privilégiant les vols du matin (tôt le matin), la vue sur les montagnes peut être splendide : l'avion longe le massif des Ganesh, du Manaslu et celui de l'Annapurna.
Le mode de transport que je privilégie en ce moment est le "tourist bus" : 650 roupies (6,50$) mais 7h30 de trajet. Oui la moyenne horaire est pas terrible. La highway est en travaux, elle tournicote sans cesse et c'est l'axe unique d'approvisionnement de Katmandou en denrées : trafic incessant de camions et de bus qui peinent à se croiser.
Travaux sur l'autoroute, cela ralentit le trafic.
Les autres modes possibles sont d'une part les bus locaux (quasi gratuits - non, je blague - mais bondés et assez "trompe-la-mort") et les mini-bus (un peu plus chers mais aux chauffeurs aussi fous que ceux des bus locaux ; les passagers népalais des mini-bus sont assez souvent malades lors du trajet, l'aide chauffeur leur donne alors des sacs en plastique qui seront négligemment jetés ensuite par la fenêtre, j'ai pas d'image...) et d'autre part les modes de transport plus personnels (sa propre moto, son propre véhicule ou la location d'un véhicule avec chauffeur). Conduire son propre véhicule ici est exténuant : vigilance de tous les instants indispensables pour doubler, éviter les nids de poule, se protéger des autres conducteurs... Au final, le gain de temps n'est pas énorme. Une heure au mieux sur l'ensemble du trajet.

Tout au long du trajet, les restaurants et bouis-bouis se succèdent. On trouve même du poisson. Après, chacun fait ce qu'il veut :-)
Poissons frais.

A la descente du bus, les rabatteurs d'hôtels et guesthouses sont là, mais ne sont pas pénibles... moins que les chauffeurs de taxi. La concurrence est forte à Pokharaet la pression se porte sur les touristes. Mais, voilà, c'est pas tout cela, place à la moto.
Tournicotis, tournicotons dans la vallée de Pokhara

Pet-pet-pet-pet-pet

Ce sont des Yamaha RX que nous (John USA, Mike Australie et moi) avons chevauché les deux premiers jours sous le regard attentif de Matt (Australie) d'Hearts and Tears. Au programme, les grands basiques : embrayage, passage des vitesses, slalom à vitesse réduite, démarrage en côte, freinages, descentes, enchainements des virages ... et longue randonnée dans la campagne. Peut on dire randonnée pour la moto ? Ces motos sont de vraies pétrolettes... des pauvres français en camping car se trouvant à côté du terrain d'entrainement ont terminé saoulés... oups, sorry.

Le camping car est vraiment sur le terrain d'entrainement, pas de chance.

Plop-plop-plop-plop

MA moto, je ne l'ai pas faite tomber ... j'étais fière.
La marque Royal Enfield est originellement anglaise mais fut rachetée par les indiens au lendemain de la seconde guerre mondiale. Leur bruit de moteur est caractéristique : un gros moteur 4 temps dont le bruit me rappelle celui des bateaux master craft (pour le ski nautique). Marque rustique qui demande beaucoup de réglages et un peu d'apprentissage : les vitesses sont à l'envers des motos classiques (à droite avec la 1ère en haut pour les connaisseurs). J'ai beaucoup freiné en changeant de vitesse... c'est embêtant.
Joli temps non ?
Mais quelle belle promenade ensuite sur la crête qui domine le lac. Une piste tranquille au milieu de villages traditionnels, des gamins surexcités saluant notre passage.

Après, j'étais triste, il a fallu rendre la moto. Snif.

Au fait, pour les médisants, malgré ma taille, mes pieds touchaient par terre... le siège était rabaissé. Na !


Allez, le jeu du jour : pourquoi le club de moto s'appelle-t-il Hearts and Tears (cœurs et larmes) ?